Au Moyen Orient en 1960

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Départ pour le Liban 1 Paris Marseille

Classé dans : Non classé — 24 juillet, 2011 @ 18:54

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Départ , Paris, Marseille, Enbarquement.

En relisant ce blog de voyage en Palestine, je me suis demandé pourquoi je n’ai pas commencé cette histoire par le début. Certes vous savez que j’enseigne alors dans un collège au Liban. Mais je ne vous ai pas dit comment et pourquoi je me trouve alors en ce Moyen Orient dans les années 1960.

  J’ai 22 ans en  cette   année 1958.  Etudiant sursitaire et surveillant dans un collège à Angoulême, je viens de recevoir ma feuille de route. J’ai eu la chance de réussir mes examens de préparation militaire. Je pars pour une destination pas très bien défini dans la coopération à l’étranger. En vacances à Chauché en ce début septembre,  je dois rejoindre Paris 

  On peut dire qu’à 22 ans le jeune vendéen que j’étais, n’était jamais allé plus beaucoup loin que le sud Ouest de la France, Angoulême Bordeaux, Lourdes. Ce qui est peu de distance, par rapport à ma Vendée natale.

  Comment exprimer mon émerveillement, quand je suis sorti du train, en septembre 1968, dans la capitale de la France, avec ma valise bien remplie, en vue d’un long voyage en Asie mineure ?

   Rue du Bac à Paris, à la mission étrangère, je croyais, dans ma naïveté de provincial, que tout le monde m’attendait. Je  pensais  saluer là-bas, le père Vernet qui m’avait complimenté pour le soin méticuleux apporté à remplir ses formalités de départ à Chauché, auprès du docteur Brachet et de Jeannette à la mairie.  C’est tout juste si l’on a accepté ce jour là de conserver ma valise jusqu’au soir. J’ai  attendu à Paris les autres compagnons qui devaient venir du reste de la France, pour se rendre gare de Lyon prendre le train pour embarquer sur le bateau à Marseille.

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Une grande journée restait, pour visiter la capitale. J’avais un bon appareil photo. Je m’étais saigné pour l’acheter chez le photographe de Ruelle en Charente. J’étais alors étudiant au collège St Paul d’Angoulême. Je faisais  le patronage, cela m’avait permis d’acheter ce précieux Kodak. C’était un petit modèle d’appareil photo qui était le bas de gamme de qualité des 24*36 : un « Pony-flash. », mais il fonctionnait à merveille.

  Muni de cet appareil, le premier monument fixé sur la pellicule fut la tour Effel, puis Notre Dame. J’étais émerveillé. Toutes mes études secondaires se trouvaient illustrées, dans cette grande et belle ville.

  A Notre Dame j’ai  revu à ma façon dans mon imagination,  comme dans un beau livre d’image, la cathédrale   du Moyen âge et de l’œuvre de Victor Hugo.

  Sur l’esplanade du Louvre, mon émerveillement  face à la magnifique perspective en direction de l’arc de triomphe de la place de l’Etoile fut à son comble.

  J’ai  constaté non sans une certaine fierté la place faite à mes illustres compatriotes vendéens

  Richelieu, Clemenceau, de Lattre de Tassigny. Leurs noms sont  tous évoqués, dans ce cœur de Paris que je visite pour la première fois, ce jour là.

  A 19 heures, comme convenu je rejoins la rue du Bac. Je reçois alors un billet de bateau  pour rejoindre  le Liban

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  Une nuit de train suit cette longue journée parisienne.  Pas de couchette pour ces huit jeunes gens, qui rejoignent le port de Marseille pour l’embarquement vers le Liban. Les compagnons qui m’ont rejoint,  dans la capitale sont tous du Nord de la France, un de Dunkerque, un autre de Dijon. Tous les autres sont originaires de la région parisienne. Le responsable du groupe est Giry. C’est un étudiant Jésuite qui retourne  dans un des collèges du Moyen Orient à Beyrouth ou il enseigne en continuant ses études.L’embarquement doit avoir lieu aux environs de quatorze heures sur le quai de la Joliette. 

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 D’autre jeunes gens nous ont rejoints à Marseille  à l’hôtel de Normandie, près de la gare saint Charles pour le déjeuner du matin et de midi, juste avant l’embarquement.Le repas terminé Il reste du temps d’attente à Marseille.Je ne me joins pas au groupe qui se rend visiter Notre Dame de la Garde. J’ai  épuisé à Paris une bonne partie de mon précieux argent de poche. Je préfère traîner autour du vieux port, voir le » ferry boat», et rester dans l’atmosphère de Marcel Pagnol ou de Daudet, qui  rend, ce midi de notre pays  si attachant.

  passagers06.jpgL’embarquement.

  Arrive enfin l’heure ou il faut franchir la passerelle qui conduit sur le pont du Lydia. C’est le plus vieux et le plus petit des quatre navires de la petite compagnie grecque. Elle assure, avec quatre bateaux, un service régulier vers le moyen Orient en transport mixte, c’est à dire passager et Marchandises. (De nos jours il existe toujours mais transformé en boite de nuit sur la plage de port Barcarès.)

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Je suis loin de me douter alors avec mes  compagnons de conditions spartiates  de cette croisière,  que j’ai imaginée idyllique. Une atmosphère  nostalgique semble avoir calmé, les ardeurs juvéniles de notre groupe en partance sur ce vieux  rafiot grecque.

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  Accoudé au bastingage  j’observe nostalgique, les préparatifs du départ. Mon attention est attirée par une scène insolite.

 Sur le pont du Lydia qui est immobile  et  amarré au quai,   une vielle femme assise sur une chaise semble déjà très  malade.

  Elle souffre déjà du mal de mer ! Inutile d’imaginer ce qu’elle va devenir durant cette traversée, qui doit durer huit jours !

La mine déçue qui se lit sur le visage de mes condisciples, doit être liée à la découverte que nous faisons du navire. Sur ce bateau, le confort n’est pas parfait loin de là.  Il y a deux classes seulement. La première se situe naturellement, sur le pont supérieur. Là les passagers logent dans des cabines individuelles ou collectives, mais confortables.

  Une porte soigneusement fermée à clef, sépare la première classe de la seconde située sur le pont inférieur. Evidemment les jeunes appelés  au service national que nous sommes, sont en seconde classe.

  C’est dans des conditions tout à fait spartiates que les bons Jésuites organisateurs de la traversée ont jugé bon de nous rappeler que nous ne faisons pas un simple voyage d’agrément. Toujours est-il que les jeunes recrus de la coopération, se retrouvent tous logés à la même enseigne, au fond de la cale avec les sacs de marchandises. C’est nous l’apprenons  alors, un bateau mixte.

  Ils côtoient là, les pauvres gens qui rejoignent, certains ruinés plus ou moins, leur pays respectif.

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  Grecs, Egyptiens, Turcs, Libanais, Arabes regagnent  le  Moyen Orient, après avoir passé un séjour en France. Hommes, femmes, enfants sont entassés dans les cales avec les sacs de café ou autres marchandise. Sur le pont de notre deuxième classe, il n’y a pas de transat mais de maigres espaces entre les voitures de luxes emmitouflées sous des housses ou les chaloupes de secours.Une vie nouvelle commence ce soir. Il est 19heures trente. Le Lydia a lâché les amarres et longe les quais de la Joliette pour sortir du port et rejoindre le large. Demain matin nous serons en Italie.

2 commentaires »

  1. @lain dit :

    Bonjour

    C’est vrai qu’en lisant ces lignes j’y ai trouvé de la nostalgie, mais, quelque part, je me suis senti un peu voyeur, à la façon de fouiner dans ton passer.
    Je vais aller lire la suite car je pense que tu ne t’es pas arrêté là !
    Bonne route
    Cordialement
    @lain

  2. @lain dit :

    Correction : passer à supprimer et à remplacer par « passé » !!!

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