Au Moyen Orient en 1960

Bienvenue sur mon blog

Bonjour tout le monde !

Classé dans : voyage — 28 mars, 2010 @ 4:04

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Je me présente : J’ai pris ma retraite à 65 ans, il y a maintenant 5 ans, après une carrière dans l’édition, comme attaché commercial ou représentant au plein sens du mot.

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 J’ai aussi exercé entre 21 et 24 ans, la profession de surveillant et d’enseignant au collège d’Antoura au Liban.  Voici un blog consacré à mes voyages au Moyen Orient en 1960. Que de changement dans cette région depuis ce séjour de trois années!!!.

 Ces quelques articles sur le blog ont l’ambition de vous faire découvrir mes anecdotes de ce voyage merveilleux, qui a laissé beaucoup de traces dans ma vie. 

 En ce mois de Mars 2010, à 8 jours des fêtes de Pâques, je pense vous amener dans le premier article à Jérusalem, ou j’ai eu la chance de me rendre, réalisant ainsi un rêve d’enfants. A bientôt pour ce premier article. 

Départ pour le Liban 1 Paris Marseille

Classé dans : Non classé — 24 juillet, 2011 @ 6:54

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Départ , Paris, Marseille, Enbarquement.

En relisant ce blog de voyage en Palestine, je me suis demandé pourquoi je n’ai pas commencé cette histoire par le début. Certes vous savez que j’enseigne alors dans un collège au Liban. Mais je ne vous ai pas dit comment et pourquoi je me trouve alors en ce Moyen Orient dans les années 1960.

  J’ai 22 ans en  cette   année 1958.  Etudiant sursitaire et surveillant dans un collège à Angoulême, je viens de recevoir ma feuille de route. J’ai eu la chance de réussir mes examens de préparation militaire. Je pars pour une destination pas très bien défini dans la coopération à l’étranger. En vacances à Chauché en ce début septembre,  je dois rejoindre Paris 

  On peut dire qu’à 22 ans le jeune vendéen que j’étais, n’était jamais allé plus beaucoup loin que le sud Ouest de la France, Angoulême Bordeaux, Lourdes. Ce qui est peu de distance, par rapport à ma Vendée natale.

  Comment exprimer mon émerveillement, quand je suis sorti du train, en septembre 1968, dans la capitale de la France, avec ma valise bien remplie, en vue d’un long voyage en Asie mineure ?

   Rue du Bac à Paris, à la mission étrangère, je croyais, dans ma naïveté de provincial, que tout le monde m’attendait. Je  pensais  saluer là-bas, le père Vernet qui m’avait complimenté pour le soin méticuleux apporté à remplir ses formalités de départ à Chauché, auprès du docteur Brachet et de Jeannette à la mairie.  C’est tout juste si l’on a accepté ce jour là de conserver ma valise jusqu’au soir. J’ai  attendu à Paris les autres compagnons qui devaient venir du reste de la France, pour se rendre gare de Lyon prendre le train pour embarquer sur le bateau à Marseille.

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Une grande journée restait, pour visiter la capitale. J’avais un bon appareil photo. Je m’étais saigné pour l’acheter chez le photographe de Ruelle en Charente. J’étais alors étudiant au collège St Paul d’Angoulême. Je faisais  le patronage, cela m’avait permis d’acheter ce précieux Kodak. C’était un petit modèle d’appareil photo qui était le bas de gamme de qualité des 24*36 : un « Pony-flash. », mais il fonctionnait à merveille.

  Muni de cet appareil, le premier monument fixé sur la pellicule fut la tour Effel, puis Notre Dame. J’étais émerveillé. Toutes mes études secondaires se trouvaient illustrées, dans cette grande et belle ville.

  A Notre Dame j’ai  revu à ma façon dans mon imagination,  comme dans un beau livre d’image, la cathédrale   du Moyen âge et de l’œuvre de Victor Hugo.

  Sur l’esplanade du Louvre, mon émerveillement  face à la magnifique perspective en direction de l’arc de triomphe de la place de l’Etoile fut à son comble.

  J’ai  constaté non sans une certaine fierté la place faite à mes illustres compatriotes vendéens

  Richelieu, Clemenceau, de Lattre de Tassigny. Leurs noms sont  tous évoqués, dans ce cœur de Paris que je visite pour la première fois, ce jour là.

  A 19 heures, comme convenu je rejoins la rue du Bac. Je reçois alors un billet de bateau  pour rejoindre  le Liban

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  Une nuit de train suit cette longue journée parisienne.  Pas de couchette pour ces huit jeunes gens, qui rejoignent le port de Marseille pour l’embarquement vers le Liban. Les compagnons qui m’ont rejoint,  dans la capitale sont tous du Nord de la France, un de Dunkerque, un autre de Dijon. Tous les autres sont originaires de la région parisienne. Le responsable du groupe est Giry. C’est un étudiant Jésuite qui retourne  dans un des collèges du Moyen Orient à Beyrouth ou il enseigne en continuant ses études.L’embarquement doit avoir lieu aux environs de quatorze heures sur le quai de la Joliette. 

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 D’autre jeunes gens nous ont rejoints à Marseille  à l’hôtel de Normandie, près de la gare saint Charles pour le déjeuner du matin et de midi, juste avant l’embarquement.Le repas terminé Il reste du temps d’attente à Marseille.Je ne me joins pas au groupe qui se rend visiter Notre Dame de la Garde. J’ai  épuisé à Paris une bonne partie de mon précieux argent de poche. Je préfère traîner autour du vieux port, voir le » ferry boat», et rester dans l’atmosphère de Marcel Pagnol ou de Daudet, qui  rend, ce midi de notre pays  si attachant.

  passagers06.jpgL’embarquement.

  Arrive enfin l’heure ou il faut franchir la passerelle qui conduit sur le pont du Lydia. C’est le plus vieux et le plus petit des quatre navires de la petite compagnie grecque. Elle assure, avec quatre bateaux, un service régulier vers le moyen Orient en transport mixte, c’est à dire passager et Marchandises. (De nos jours il existe toujours mais transformé en boite de nuit sur la plage de port Barcarès.)

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Je suis loin de me douter alors avec mes  compagnons de conditions spartiates  de cette croisière,  que j’ai imaginée idyllique. Une atmosphère  nostalgique semble avoir calmé, les ardeurs juvéniles de notre groupe en partance sur ce vieux  rafiot grecque.

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  Accoudé au bastingage  j’observe nostalgique, les préparatifs du départ. Mon attention est attirée par une scène insolite.

 Sur le pont du Lydia qui est immobile  et  amarré au quai,   une vielle femme assise sur une chaise semble déjà très  malade.

  Elle souffre déjà du mal de mer ! Inutile d’imaginer ce qu’elle va devenir durant cette traversée, qui doit durer huit jours !

La mine déçue qui se lit sur le visage de mes condisciples, doit être liée à la découverte que nous faisons du navire. Sur ce bateau, le confort n’est pas parfait loin de là.  Il y a deux classes seulement. La première se situe naturellement, sur le pont supérieur. Là les passagers logent dans des cabines individuelles ou collectives, mais confortables.

  Une porte soigneusement fermée à clef, sépare la première classe de la seconde située sur le pont inférieur. Evidemment les jeunes appelés  au service national que nous sommes, sont en seconde classe.

  C’est dans des conditions tout à fait spartiates que les bons Jésuites organisateurs de la traversée ont jugé bon de nous rappeler que nous ne faisons pas un simple voyage d’agrément. Toujours est-il que les jeunes recrus de la coopération, se retrouvent tous logés à la même enseigne, au fond de la cale avec les sacs de marchandises. C’est nous l’apprenons  alors, un bateau mixte.

  Ils côtoient là, les pauvres gens qui rejoignent, certains ruinés plus ou moins, leur pays respectif.

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  Grecs, Egyptiens, Turcs, Libanais, Arabes regagnent  le  Moyen Orient, après avoir passé un séjour en France. Hommes, femmes, enfants sont entassés dans les cales avec les sacs de café ou autres marchandise. Sur le pont de notre deuxième classe, il n’y a pas de transat mais de maigres espaces entre les voitures de luxes emmitouflées sous des housses ou les chaloupes de secours.Une vie nouvelle commence ce soir. Il est 19heures trente. Le Lydia a lâché les amarres et longe les quais de la Joliette pour sortir du port et rejoindre le large. Demain matin nous serons en Italie.

Au Liban 01 : au collège.

Classé dans : Non classé — 15 mars, 2011 @ 11:48

classe014.jpgLiban : Les premières heures de classe.

C’est au moins ma vingtième rentrée dans une salle de classe avec des élèves. Mais c’est la première aujourd’hui, de l’autre coté de la barrière : celle des enseignants.
Je me  sens  gêné face aux parents libanais  qui veulent me voir et me parler. Je ne suis  pourtant pas qu’un peu fier d’être le nouveau professeur de français de la classe de cinquième du collège d’Antoura au Liban.
Ce sentiment d’infériorité vient du constat de la taille de mes élèves. Ils sont presque tous plus grands que moi, sauf un petit français fils d’un diplomate en poste à Beyrouth. Avec mon petit mètre soixante quatre, j’ai la crainte  de paraître ridicule, au pays ou la taille et la force sont primordiales. Aussi dès le premier jour je tiens à m’affirmer. Car les anciens du collège m’ont a averti : « Cette classe de cinquième est réputée difficile. Ces 25 terribles ados, ces mêmes élèves ont usé deux professeurs l’année précédente, en sixième. » Je vais devoir être ferme ou qui sait ruser. C’est vraiment l’inconnu.

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Ce mardi matin neuf heures : C’est la première classe de Français. Les élèves et le jeune  professeur s’observent mutuellement. Allez ma décision est prise : je vais ruser. Mais je n’ai pas encore observé  qu’ils sont si différents de caractère des collégiens français qui savent faire bloc contre un pauvre professeur trop débonnaire. Leur point faible que je  semble remarquer ce premier jour, c’est le peu de solidarité qui existent entre eux, tellement ils sont différents : Parmi eux deux confessions différentes s’opposent, les chrétiens et les musulmans. J’ai pu constater l’importance de sur mon visa en lisant la mention « chrétien ». A l’intérieur même de ces confessions religieuses il y a d’autres clivages, les chrétiens sont orthodoxes, maronites, coptes etc. les musulmans sont chiites, sunnites, Alaouites, Ismaéliens, Druzes. Les nationalités sont aussi très différentes : des libanais, des syriens, des français dont les parents travaillent à l’ambassade de France. Les mentalités sont donc souvent très différentes.

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Pour la première classe de français, j’ai choisi de faire une dictée. Histoire peut-être d’oublier que ce fut autrefois le point noir durant mes études primaires. J’ose espérerer alors, que ce sera l’occasion ou jamais, d’apprendre, en les enseignant, les subtilités de l’orthographe. Je découvre aussi, dès le premier jour le plus gros défaut de mes élèves : « ils sont tricheurs. » Le préfet des études m’a averti dés le premier jour de classe : « cela fait partie de leur tempérament d’orientaux. » Malgré les surveillances les plus strictes, des petits papier roulés en boules circulent presque toujours sous les tables. Le responsable des études le voyant corriger ses premières copies, l’avertit
alors : « Vous constatez, si vous les avez laissé se placer eux-mêmes dans la classe, vous verrez des ressemblances entre les copies. Enfin vous apprendrez tout cela avec le temps.”

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Je me remémore un jour,  une tactique efficace d’un de mes anciens professeurs  pour faire régner la discipline. Je me souviens qu’Il nous a lu  un roman à suspense,
pour calmer les élèves, en instaurant une autodiscipline : « à la fin de chaque heure de cour, quand  satisfait de la bonne tenue de la classe.
L’ensemble de la classe
 bénéficie de quelques minutes de lecture très captivante. »

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Voici la méthode : Sur le tableau, 10 minutes de lecture sont symbolisées par 10  traits de craie. A chaque manquement grave un trait disparaît, c’est une minute en moins. Le coupable se voit alors réprimandé par ses petits copains. A la bibliothèque, monsieur Lassus, le bibliothécaire du collège me procure un ancien roman policier qui m’a passionné autrefois quand il avait l’âge de ses élèves : Maximilien Héler.

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La seconde arme si l’on peu dire est plus pédagogique. C’est le jeu des questions réponses avec les élèves. En un mot, un dialogue perpétuel qui se substitue au cour
magistral. Les classes de vocabulaire se passent  à réaliser un mot croisé collectif sur le tableau. Bien sur avec la permission d’utiliser tous les livres ou dictionnaires
disponibles.
Puis avec un peu d’habitude et la bonne tactique enseignante, les élèves en général de la classe de cinquième se sont mis à aimer le cour de français. Il
faut en effet préciser que ce n’est pas leur langue maternelle, mais qu’elle est utilisée souvent dans leur famille libanaise.

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Le jeune petit prof que je suis, est surpris dès ces premières semaines par l’affectation tout à  fait improvisée qu’on vient de me donner avec ce rôle de prof principal de
français. Je n’oublie pas que je suis venu de France pour enseigner l’anglais.C’est d’ailleurs ce que je fais une fois par semaine dans la classe maternelle. Ce sera une autre histoire.

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C’est ainsi que je me retrouve, au bout d’un mois, dans le bureau du préfet des études pour faire le point sur tous  ces sujets.

Palestine : 5 le retour de Jérusalem

Classé dans : Non classé — 26 septembre, 2010 @ 4:18

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Palestine 5 .2- Jérusalem et le retour par Damas.

Pour comprendre cette anecdote, pour ce  nouveau voyage  en  Palestine en 1960, il faut se souvenir que la Syrie à l’époque faisait partie avec l’Égypte, de la « République Arabe Unie » du colonel Nasser. Les Français et les Anglais n’étaient pas alors les bienvenus en Syrie. J’avais obtenu alors un visa pour le passage par Damas, lors de l’aller à Jérusalem par la route, que je raconte dans le précédent épisode.

A Jérusalem,  je pensais bien alors être tiré d’affaire ce jour là. Aussi c’est avec plaisir que j’ai raconté la surprise de mes camarades, professeurs du collège du Liban venu par avion en Palestine lors de ce précédent épisode. Avec eux, lors de ce nouveau voyage, j’allais découvrir la vieille ville de Jérusalem, celle du temps de Jésus.

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Le samedi saint, je réintégrais le groupe de mes collègues  pour me rendre à l’école biblique de Jérusalem dont j’avais entendu souvent parler durant mes études bibliques à Angoulême.

 En compagnie de Gérard et Francis, je suis les pas d’un étudiant américain de cette école biblique. Il nous entraine dans les  fouilles de l’ancienne ville de Jérusalem. Je revois  en sa compagnie la piscine de Siloé.  Un jeune palestinien est en train de laver un agneau. Cette piscine de Siloé est si présente dans les évangiles que je me demande comment nous n’y sommes pas venus plus souvent, lors de notre premier voyage de l’an dernier. L’étudiant américain nous montre alors l’entrée cachée du tunnel d’Ezéchias et il nous décrit ses impressions sur son parcours dans le tunnel qui va sous terre rejoindre la ville très ancienne de Jérusalem. C’est la ville du temps de Jésus

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Le tunnel d’Ezéchias
  Un deuxième souterrain a été creusé bien plus tard, au temps du roi Ezéchias, à l’époque où les Assyriens mirent le siège devant Jérusalem sans succès (701 av. J.-C.). Le roi Ezéchias conçut une galerie souterraine horizontale sous la ville, destinée à capter l’eau depuis la même source du Gihon. Le tunnel d’Ezéchias a été retrouvé récemment, par un jeune arabe tombé accidentellement dans la piscine de Siloé, et qui aperçut l’ouverture sous l’eau [4]. C’est en réalité un véritable canal qui alimentait en eau l’intérieur de la ville
.

 Il nous fait découvrir  aussi  les restes  d’une rue en escalier qui date  sans aucun doute du temps de Jésus. C’est peut-être celle qu’il a empruntée autrefois.

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Je  complète  bien évidemment ma collection de diapos et de photos en noir et blanc. C’est celle que vous voyez sur ce blog. 

En reprenant le taxi qui me ramène  à Amman, je  pense bien évidemment  revenir au Liban par le même chemin qu’à l’aller. Mais le sort en décide autrement. 

 Muni de mon visa de passage en Syrie, obtenu rapidement par le frère lazariste  tout devait bien se passer. C’était sans compter avec le renforcement de la vigilance à la frontière de la « Nouvelle République Arabe Unie » du colonel Nasser l’égyptien.

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 Je passe sans problème la frontière  Jordanienne. A deux cent mètres plus loin à la frontière syrienne, des militaires  me font  entrer dans le  poste pour contrôle. Des soldats  s’emparent de mon passeport et me prient d’attendre dans une salle ou d’autres personnes attendent l’air inquiet. Tous ces gens comme lui, sont des occidentaux qui reviennent vers Damas  la capitale de la Syrie.

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Au bout d’un long moment, sûrement plus d’une heure, un douanier m’intime de  rejoindre   son bureau. Trois militaires sont là et  Je  comprends  le  « Moch visa ‘. 

Je pensais qu’il était pourtant parfaitement en règle  pour avoir  le droit de transiter par la Syrie pour rentrer au Liban. Le chef militaire me fait accompagner au taxi ou d’autres personnes comme moi doivent retourner en Jordanie. 

Dans ma précipitation pour partir en terre sainte, je n’avais pas vu ou pris le temps de voir que  ce  visa  n’était valable que pour quatre jours seulement. 

 C’était le mercredi d’après la fête de Pâques. Il y avait donc deux jours qu’il devait être périmé pour le passage du retour par la  Syrie.

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Il ne me restait donc plus qu’à reprendre un autre taxi à Amman capitale de la Jordanie  pour revenir à Béthanie, chez les sœurs de saint Vincent de Paul. 

  L’obligation de reprendre la classe au collège  dans les 2  jours suivants  seulement était impérative. Je ne pouvais plus que reprendre la voie aérienne pour rejoindre le collège au Liban.  En plus, à l’époque, les liaisons téléphoniques étaient rares ou difficiles entre les différents pays de cette région.   Comment   prévenir le collège ? Le directeur, au courant sans doute de la date d’expiration du visa devait se demander ce qui m’était arrivé. Je ne pouvais pas non plus rester plus longtemps chez les sœurs de Béthanie. Finalement, elles  ont accepté de m’héberger un ou deux jours de plus. 

Le lendemain, il y avait bien un avion pour Beyrouth, mais il affichait complet. Il est vrai que mes amis séminaristes, maintenant de retour  au collège de leur pèlerinage, pouvaient sans doute témoigner de m’avoir vu avant leur  départ de Jérusalem. 

La sœur supérieure me  conseilla  de retourner à l’aéroport de Jérusalem. Par chance si un passager de cet avion ne se présentait  pas au départ, je devais pouvoir  profiter de la place ainsi libérée. 

Est-ce les prières des petites sœurs qui décidèrent la Providence ? Toujours est-il qu’il manquait bien un passager au départ le lendemain, et j’ai  pu alors  prendre sa place dans l’avion. 

Il y eut bien  pendant ce vol, de mauvais trous d’air au-dessus du mont Hermon Mais le principal était alors de rentrer au Liban.  Quel  soulagement quand le petit avion se posa enfin  à Beyrouth. Le directeur me fit quelques remarques assez désobligeantes. Mais  elles furent vite oubliées, avec la reprise du travail au collège auprès de mes élèves libanais. 

 

Palestine 4: Voyage par Damas 1

Classé dans : Non classé — 25 avril, 2010 @ 8:30

http://www.dailymotion.com/video/xd3hcqPalestine 4 : Damas 1.

Après ce premier voyage en Palestine, mes collègues jeunes professeurs, dans la coopération ne pensent plus qu’à retourner au plus vite en Palestine et à Jérusalem. Pâques approchent,  nous somment  une douzaine à prétendre à ce voyage. Le directeur du collège, n’a retenu que 10 places d’hébergement chez les sœurs à la crèche de Bethléem, comme l’an dernier. Deux d’entre nous doivent renoncer à ce voyage.

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Dans un premier temps je me sacrifie et laisse la place à un  plus jeune arrivant au collège. Mais au bout de quelques  jours,  plus la date du départ  approche,  et plus je regrette la décision de renoncer à ce voyage unique.  Je change d’avis, et je me dis que je suis bien bête de me sacrifier ainsi. J’insiste alors près du directeur pou qu’il  laisse partir seul. Je l’assure que je vais me débrouiller par mes propres moyens. Ce qu’il met en doute et persiste dans son refus.

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Deux jours avant le départ « Amou » (ce qui veut dire oncle en Arabe), un frère lazariste  originaire de Damas,  m’assure qu’il va se débrouiller pour me faciliter le  voyage en voiture par Damas. Un autre frère lazariste, le frère Louis me trouve un hébergement chez les sœurs à Béthanie, près  de Jérusalem.

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Plus qu’un  jour  avant le départ,  le directeur du collège est inquiet  à mon  sujet alors que tous mes compagnons vont prendre l’avion. Je cours d’après lui,  des risques aux frontières  entre  la Syrie  et la Jordanie. La Syrie en effet fait parti à cette époque de la « république arabe unie » du colonel Nasser l’Égyptien. Les Français sont aussi  mal vus à Damas.  Il va falloir passer incognito dans ce pays.

De mon côté et je ne suis pas mécontent de courir le risque de partir en taxi par la Syrie. L’aventure n’effraie pas l’inconscient  que je suis à l’époque.

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Amou,  le frère de Damas me reçoit chaleureusement dans sa famille dans cette ville. Je me sens facilement à l’aise dans  cette famille car je connais déjà 3 de ses  neveux inscrits au collège du Liban,  où j’enseigne. C’est avec plaisir qu’il  me fait visiter la célèbre mosquée des Omeyyades.  Il m’introduit  dans les vieux quartiers de cette ville de Damas où circulent des soldats en armes. Il m’entraine  aussi près des  vieilles murailles de la ville, en particulier celle ou   saint Paul, alors   indésirable dans cette cité,  se serait échappé, descendu  dans un panier.

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Le lendemain c’est le jour du départ je rejoins le  taxi  que le frère Amou  a  retenu. Il  doit me conduire à Amman en Jordanie. Quatre ou cinq  Heures de voyage sont nécessaire,  dans une zone de désert  du Néguev.  Le taxi  est plein  à craquer sur cette route peu fréquentée alors. Six  syriens  et une Américaine ont pris place  avec moi.  Je suis habillé en abouna  (prêtre  libanais. j’ai enfilé  en effet une soutane noire qui inspire leur le respect.

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La route est longue et poussiéreuse sous ce soleil de plomb. La conversation est joyeuse en anglais bien sûr.  Je comprends très bien l’anglais de mes amis arabes, mais  pas du tout le langage dans cette langue  de l’Américaine. Je ne cesse de lui répéter  en anglais : « parlez lentement s’il vous plait. »

 . Nous fraternisons tous cependant au point de partager tous ensemble un pique-nique dans le taxi. Il faut  ouvrir  les portes sur le bord de cette route  déserte avec cette  fournaise ambiante.

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À 17 heures,  nous arrivons à  Amman, capitale de la Jordanie. Je trouve sans peine un autre taxi pour Jérusalem.  Il franchit le Jourdain. J’aperçois au  loin la mer Morte et je pense bien revenir en ces lieux pour une visite plus approfondie.

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  Le chauffeur de taxi me  rassure il m’a dit qu’il va s’arrêter à Béthanie en passant ou je dois me rendre.  Tout va bien pour moi je suis tiré d’affaire.  Les sœurs de Saint-Vincent de Paul me réservent un accueil chaleureux ce soir là.

Le lendemain je vais de suite faire une grande surprise à mes collègues qui sont hébergés chez les sœurs de Bethléem.

« Comment as-tu fait pour venir et en plus en voiture et par Damas. Où loges-tu ?

Bref je ne suis pas peu fier  de mon aventure qui me semble un jeu d’enfant.  Mais je ne  me doute pas   alors que cette escapade,  n’a pas fini de me ménager des surprises

Palestine 3: Jérusalem 1960 article 2

Classé dans : voyage — 5 avril, 2010 @ 9:23

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Jérusalem 3 : A Jérusalem  un jour de Pâques 1960

 Il fait beau en matin du  jour de Pâques. Nous venons de descendre du taxi, qui nous a conduit de Bethleem à Jérusalem. Nous marchons  à pieds, par  des petites rues  déjà animées vers  l’esplanade du temple de Salomon. Par les arcades le mont des oliviers sert de toile de fond.

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 Nous longeons, à notre  droite la mosquée  Elaqsa avec son dôme doré, pour descendre vers un haut lieu de la religion juive : le mur des lamentations, reste précieux du temple   de Salomon, ou ils viennent se recueillir. A  cette époque, 1960, ils ne peuvent pas revenir. Ce ne sera qu’après la guerre des 6 jours.

Situées  juste au dessus sont édifiées deux mosquées. Elles sont, elles aussi  des haut lieux de l’Islam. La mosquée El Aqsa avec son dôme doré est en travaux. Mon copain Francis me montre à l’intérieur   le passage étroit entre les deux colonnes ou il faut passer pour être sur d’aller au paradis. Mais nous nous jurons de revenir plus longuement en ces lieux. Il est grand temps de rejoindre la basilique du saint sépulcre ou le chemin de croix nous a conduits vendredi.

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Dans la basilique du saint Sépulcre qui semble elle aussi en travaux vu de l’extérieur nous entrons pour la messe solennelle du jour de Pâques. Cette  basilique me parait immense, mais des chants  s’entremêlent en créant un brouhaha indescriptible. C’est alors que je réalise qu’elle est cloisonnée partagées entre les orthodoxes, les catholiques romains, les coptes, les arméniens qui tous en même temps font leur cérémonie particulières. Tout ce monde aujourd’hui ne fête pas la résurrection du christ. C’est me dit –on une histoire de calendrier Julien pour les orientaux, grégoriens pour les romains .Bref tout le monde prie à sa façon.

      Je ne suis pas seulement dérouté par cette cérémonie de la résurrection du christ, On à peine à imaginer, quand on voit toutes ces chapelles dans la basilique, tous ces lustres que là se trouvait le Golgotha ou calvaire et sous terre, le tombeau  cédé par Joseph d’Arimatie. J’ai retrouvé sur le mont des Oliviers en allant vers Béthanie un ancien tombeau hébreux que les franciscains m’ont présenté comme le tombeau de Lazare. Pour moi c’est l’image qui convient à mon imagination. Les lieux ont été partagés, pour que chacun des rites possède son petit territoire. 

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On m’a raconté alors une anecdote savoureuse  pour  illustrer ce partage du territoire dans ces lieux saints par excellence de la basilique du saint sépulcre. Je ne peux pas vous en assurer l’authenticité : Un des moines orthodoxes gardien de la parcelle, allait chaque nuit  retirer un fil du tapis qui limitait le territoire du voisin, pour s’agrandir petit à petit le. Suite à des recherches archéologiques, Les protestants  ont inventé leur calvaire et leur tombeau du Christ, en d’autres lieux. Ils se sont basés sur des études archéologiques pour restaurer ces lieux.

Cependant Brahat un archéologue juif affirmait  en 1986 : « Nous ne pouvons pas être absolument certains que le site de l’église du Saint-Sépulcre est bien le site de la tombe de Jésus, mais nous n’avons aucun autre lieu qui puisse affirmer des arguments contraires de poids et nous n’avons vraiment aucune raison de rejeter l’authenticité de l’endroit. »

    Pendant cette messe quelque peu agité, j’ai été aussi surpris par la présence près de l’autel ou officie le primat de Jérusalem entouré de nombreux prélats romains, des chevaliers du saint sépulcre.

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 C’est un ordre monastique qui remonte aux croisades. J’ai été étonné  de retrouver sur leurs grandes robes blanches la croix que les scouts ont adoptée. La joie de la résurrection s’est manifestée à la fin de la cérémonie quand une partie des orthodoxes qui fêtaient  Pâques nous ont   salués : « Christ est ressuscité ». Un jour viendra peut-être ou tous les croyants  ne se feront plus la guerre dans Jérusalem, la « ville de la paix. » comme semblerait l’indiquer son nom.

   Cette basilique du saint sépulcre, la mosquée, le mur des lamentations, lieux vénéré par trois religions est une terre ou l’on continue de se déchirer de nos jours.  La sagesse, cher à Salomon qui dans la bible à construit ce temple, ne voudrait –elle pas qu’elle devienne la capitale  internationale de tous les croyants ? C’était  une proposition du pape Jean Paul II, lors de son pèlerinage en terre sainte, qui verra peut-être le jour. «  Jérusalem ville internationale de Paix ! Capitale des croyants »

Voyage en Palestine en 1960: Jérusalem 1

Classé dans : voyage — 31 mars, 2010 @ 5:42

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La vidéo = lecture du texte suivant: Jérusalem.1  Le lendemain de notre arrivée c’est le dimanche des Rameaux. Le jour est donc tout indiqué pour se rendre au mont des oliviers et à  Jérusalem.  Pour une partie de notre groupe, c’est la première fois. Certains en effet sont déjà venus l’année dernière. Fort de leur connaissance des lieux, acquise  près d’un lazariste résidant à Bethléem, ils vont être les meilleurs des guides…  jerus011.jpgToujours est-il qu’avec leurs commentaires, j’ai tout à coup retrouvé le pays familier sortie de mon imagination d’enfant. Je me sens  beaucoup plus à  l’aise avec mes souvenirs  dans les rues  de la vieille  ville de Jérusalem et sur le mont des Oliviers, que dans les autres lieux saints. Les murailles des croisés entourant la ville ressemblent  tout à fait, aux images  de mon enfance. Les petites rues que je parcours, sont aussi ressemblantes à celles du livre d’histoire sainte à l’école de Chauché. Mais ces dessins des livres scolaires reflètent –ils une image fidèle de la réalité historique ?  Sans doute non…  Une partie du mont des Oliviers, qui est en réalité une grande colline, est transformé en un grand cimetière Juif. jerus041.jpg C’est une surprise de voir toutes ces tombes. Les anciens de notre groupe expliquent que les juifs voulaient être enterrés là, au plus prés de la colline sacrée. Au cour des siècles, ils ont enterré leurs morts près des ruines du temple de Salomon. Par la suite, ces tombes ont été profanées ou endommagées plus ou moins gravement par certains fanatiques palestiniens ou autres. Une centaine de mètres  plus loin, séparé par la route, nous rejoignons un champ d’oliviers. Les frères franciscains nous reçoivent. C’est le jardin des oliviers.      A la recherche de reliques très ancienne du temps de Jésus, dans ce jardin, notre marche s’arrête devant un très vieil olivier. Il a  plus de 2000 ans nous dit le franciscain. Il était sans doute déjà là,  dans le jardin des oliviers de l’évangile. Tout petit et tout jeune arbre, il était sans doute déjà planté à cet endroit la dernière nuit de prière de Jésus, avant son arrestation par les soldats romains.    jerus061.jpgLe frère se contente de nous lire un passage du récit de la nuit de la passion. Et l’imagination fait le reste.   Les petits sentiers descendent vers la vallée du petit torrent du Cédron. Ils rejoignent les murailles de  la ville. Ils remontent  vers le temple et le cénacle lieu du repas de la cène. Par une grande porte dans la muraille de fortification, nous entrons à pieds dans les petites  rues de la vieille ville arabe de Jérusalem. La rue est vivante. Des soldats jordaniens en assurent la sécurité. Il y a des boutiques, mais à ma grande surprise, pas plus que dans les rue de Beyrouth au Liban, de Damas en Syrie ou d’Amman en Jordanie.   jerus262.jpgLe pèlerinage dans Jérusalem a duré plusieurs jours de cette semaine sainte de l’année 1960. Le Jeudi je crois me souvenir que ce fut la visite d’une découverte récente alors de l’Antonia. jerus131.jpg La Forteresse Antonia était une vaste caserne militaire située à Jérusalem, construite par Hérode le Grand sur le site d’une ancienne citadelle hasmonéenne. La forteresse a été construite sur la partie extrême occidentale des grands remparts de la ville (le deuxième), au nord-est de la ville, près du Temple et de la Piscine de Bethesda. La forteresse prit le nom d’Antoine, protecteur d’Hérode au début de son règne. Palais et résidence royale, Hérode y séjourna probablement avant de décider d’édifier un autre palais, de l’autre côté de la cité. Il fit ce choix car il avait réalisé que ce monument qui dominait le Temple pouvait représenter une gêne pour la vie de la classe sacerdotale. Aussi il voulut, par ce transfert de lieu de pouvoir, se concilier l’élite religieuse des Juifs. On pense que la Forteresse Antonia est devenue plus tard le lieu du Prétoire. Il s’agit aussi probablement de l’endroit où Jésus a été présenté devant Ponce-Pilate.« Cette visite me dit un de mes collègues d’alors, éveille en moi deux pensées. Tout d’abord l’authenticité de ces dalles de pierre datées de l’époque du christ grâce aux fouilles  récentes  et aux découvertes,  me touche. Car elles me font revivre l’évangile du jugement de Pilate. La situation de l’Antonia près de cette grande esplanade du temple m’explique plus précisément le scénario de ces évènements. » palje0021.bmp C’est de cet endroit que le Vendredi notre groupe de jeunes pèlerins enseignants au Liban prend le départ du chemin de croix. C’est dans les rues de la vieille ville de Jérusalem, parmi les habitants, devant les boutiques ouvertes des commerçants arabes que se déroule la procession. La grande croix  en bois est porté par un prélat oriental jusqu’à la basilique du  saint sépulcre et du calvaire. palje0101.bmpJe pense alors avec une certaine émotion aux habitants de mon petit village de Chauché qui sont au chemin de croix autour de l’église, ce vendredi saint à trois heures de l’après midi. Je pense à la chance que j’ai de vivre dans ces lieux saints la passion du christ. Je saisis quelques photos avec le plus de discrétion possible, pour faire partager plus tard une partie de cette émotion qui m’envahit alors.  La suite, bien sur cette semaine, je reprendrai le pèlerinage dans les rue de cette ville qui (comme le nom l’indique en  hébreux) devrait être la ville de la Paix !!! 

voyage en Palestine en 1960:l’arrivée

Classé dans : voyage — 29 mars, 2010 @ 6:13

http://www.dailymotion.com/video/xcsn7pjerus30.jpg

Voyage en Palestine en 1960.  Article .1 : le départ en terre sainte. Les vacances de Pâques de cette année 1960 commencent  fin mars. Le jeune enseignant au collège d’Antoura au Liban, que je suis alors, va réaliser un  beau rêve d’enfant. 

Quand  j’étais sur les bancs de l’école primaire à Chauché, pendant les leçons d’histoire sainte, je voyais dans mon imagination la terre promise des hébreux. Pour le petit écolier de Chauché que j’étais alors, je  plaçais les juifs un peu comme les gaulois parmi mes ancêtres. L’instituteur et monsieur le curé nous en parlait tous les jours. Cette terre promise aux hébreux dans la Bible ce devait être aussi la mienne.

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 Au moment de la semaine sainte, le  récit de la passion de Jésus était appris par cœur à l’école libre saint Christophe  du village. Celui qui obtenait la meilleure note à cet exercice de pure mémoire avait l’honneur de réciter ou de proclamer  l’évangile selon saint Matthieu du haut de la chair de l’église  paroissiale.    Je  vivais alors chaque année, pendant cette semaine sainte, comme un petit  enfant de chœur au rythme de la crécelle qui appelait aux nombreux offices à cette époque. Je revivais le récit de la passion de Jésus, pendant les longues cérémonies, presque tous les jours à l’église. 

 Certes, il y avait bien l’odeur de la brioche pascale qui cuisait dans le vieux  four en briques de la ferme  qui n’était allumé qu’une fois par an, le jeudi saint. Mais cette brioche du jour de pâques, dégustée avec tous les voisins du village faisait aussi partie de la fête de la résurrection.

   Qu’il devait être beau le pays de l’histoire Sainte !

 Voila que maintenant, en ce jour, je m’apprête  à prendre L’avion à l’aéroport de Beyrouth pour  rejoindre la Palestine de 1960. Bethleem et la partie ancienne de Jérusalem, ainsi que le Jourdain et la mer Morte dépendait alors du royaume de Jordanie. L’autre partie jusqu’à la Mer c’était Israël. Qui se rendait en Israël ne pouvait pas passer en Palestine et inversement. Pour nous jeunes enseignants français au Liban, il n’y avait pas de problème pour obtenir les visas pour la partie jordanienne. Comme pratiquement tous les lieux saints à visiter se trouvaient dans cette partie arabe, c’était une chance à ne pas manquer.    Je m’étais saigné financièrement pour prendre beaucoup de photos souvenirs avec deux appareils, un en noir et  l’autre en couleur.  Ce sont les images de ce blog. J’étais loin d’imaginer alors qu’elles serviraient à cela. Je nourrissais surtout le projet de les montrer à mes parents et amis.  

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Ce n’était pas  un Jet à réaction en ces années soixante, mais  un petit bimoteur à hélices, qui  survolait  Beyrouth, puis le mont Hermon entre le Liban et la Syrie, pour rejoindre la Jordanie. Les vols au-dessus d’Israël étaient interdits  aux avions venant d’un pays arabe. Sous les ailes de l’avion défilaient des terres qui lui semblaient aride et même désertique. Les plages vertes au loin c’était l’état d’Israël.  Les paysages de la Terre Sainte, je ne les  imaginais pas du tout aussi sec et désertiques. Le pays de la terre promise à Abraham : « la terre ou coule le lait et le miel », disait la Bible elle ne pouvait pas être devenue aussi aride. 

 jerus20.jpgjerus15.jpg  Apres une petite heure, le petit avion se posait sur l’aéroport de Jérusalem.  Le voyage avait été  plutôt agréable pour moi, ce qui n’avait pas été le cas pour les six camarades enseignants qui effectuaient eux aussi leur baptême  de l’air. Les petits oreillers parfumés distribués aux passagers avaient contribués à détendre l’atmosphère, ainsi que le plateau repas servi par les charmantes hôtesses libanaises.   Le taxi qui nous conduisait à Bethléem  par cette route  étroite et à peine goudronnée soulevait des nuages de poussières, comme dans le désert.  C’était à la Crèche de Bethléem que nous allions loger. La crèche c’était le nom que les sœurs de saint Vincent de Paul avaient donné à leur hospice d’enfants orphelins. jerus29.jpgLes sœurs étaient toutes Françaises  ou Libanaises. La réception  fut chaleureuse, et les religieuses étaient contentes de pouvoir envisager une semaine sainte, avec de belles cérémonies. C’était une manière, pour les invités pour la plus parts séminaristes et bons chanteurs, de s’acquitter de leur dette hospitalière.  Dès le premier jour, tous les arrivants rejoignent à pieds, la basilique de la Nativité. Par les petites rues, elle n’est distante que de quelques centaines de mètres. 

  Les différents passages au cour des siècles passés, des croisés, des orthodoxes, des juifs, des musulmans, ont laissé des traces. Chacun a marqué son passage. On trouve sur ces lieux saints aussi bien des mosquées, que des églises. Ce qui est le cas  à Bethléem.

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Après cette visite décevante de ces lieux saints et  historiques remplis de ruine ou de monuments très anciens. C’est avec beaucoup de plaisir que je m’en vais à pieds en compagnie de Francis dans les champs  environnants. 

Un vieux père franciscain un peu poète, rencontré là par hasard, nous introduit chez des gens simples et pauvres de la campagne environnante. Ces gens sont attachés à leur terre depuis des siècles.

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Certains chassés de leur parcelle de terrain, n’ont pour tout logement que des grottes alors nombreuses dans le pays. C’est là que ce brave frère franciscain italien nous conduit. Il veut  montrer aux jeunes pèlerins  que nous sommes les  véritables images du lieu de la nativité de Jésus, né pauvre parmi les pauvres.  Le lendemain de leur arrivée c’était dimanche des rameaux. Le jour était tout indiqué pour se rendre au mont des oliviers et à  Jérusalem  pour la toute première fois. Ce sera pour le prochain article, venez avec moi à Jérusalem. 

 

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